Les ravages de la guerre dans le département de la Somme
Les données ci-dessous sont extraites des rapports adressés par le préfet de la Somme au Conseil Général, entre 1918 et 1928 (archives départementales de la Somme).
1 – L’habitat
- 380 villes et villages ont subi des destructions. Sur ce total, 205 sont intégralement détruit (ce qui représente 1 / 4 des communes du département)
- 121.956 bâtiments ont été détruits plus ou moins complètement. Ce chiffre se répartit entre :
- 36.000 immeubles d’habitation totalement détruits (soit 13 % de l’ensemble des destructions de ce type dans toutes les régions touchées par la guerre)
- 33.000 immeubles d’habitation gravement endommagés
- 33.000 immeubles agricoles entièrement détruits
- 17.000 immeubles agricoles gravement endommagés. Parmi les immeubles entièrement détruits, on relève : 330 écoles, 337 mairies, 274 églises, 42 bureaux de poste, 9 hôpitaux et 431 autres édifices publics.
- 17.600 puits ont été contaminés ou endommagés, dont 2.668 ont été intégralement détruits.
- Dans Amiens : 12.000 immeubles sont endommagés, 2.100 immeubles sont gravement atteints et 800 sont totalement détruits (total : 14.900 immeubles touchés par la guerre à des degrés divers).
2 – L’agriculture
- 200.000 hectares de terres labourable doivent être nettoyés, nivelés puis remis progressivement en culture (soit environ 10 % des terres labourables détruites en France).
- Tous types de terres confondus, 451.000 hectares doivent être désobusés (au 1er janvier 1924, on comptait déjà dans le département 74 démineurs et civils tués et 169 blessés par les munitions laissées par la guerre).
- 60.000.000 de mètres-cubes de tranchées et de trous d’obus doivent être comblés.
- 2.600 hectares de réseaux de fils de fer barbelés doivent être détruits, ce qui représente 65.000 tonnes de fi de fer.
- 30.000 tonnes de munitions non utilisées et stockées dans des dépôts doivent être neutralisées (ce chiffre ne tient pas compte des munitions encore présentes sur le terrain).
- La préfecture n’a pas été capable d’avancer un chiffre global pour les épaves de tous types qu’il convient d’extraire du sol de la Somme. Il s’agit de plusieurs centaines de milliers de tonnes d’obus (on explosés ou éclats, de ferrailles diverses, de douilles, de balles, etc.).
- Le cheptel du département a perdu (victimes des combats ou abattus pour l’alimentation des troupes) :
- 42.000 chevaux adultes (soit 52,7 % de l’effectif départemental de 1914)
- 85.000 bovins (40 %)
- 8.000 porcins (80 %)
- 160.000 ovins (64 %)
- Au mois d’octobre 1914, le potentiel agricole du département a perdu :
- 27 % de sa surface d’avant-guerre
- 40 % de sa production de blé d’avant-guerre
- 30 % de sa production d’avoine d’avant-guerre
- 60 % de sa production de betterave à sucre d’avant-guerre
- 20 % de sa production de betterave fourragère d’avant-guerre
- 18 % de sa production de pommes de terre d’avant-guerre
Ces chiffres sont plus ou moins constants pendant toute la période de la guerre de positions. Par contre, ils augmentent en 1918, suite à l’extension de la zone touchée par les combats, consécutive à l’offensive allemande du 21 mars.
3 – Autres secteurs de l’économie
- Selon une estimation du préfet Morain (au 1er avril 1924), le montant total des dommages de guerre subis par l’ensemble du département de la Somme s’élève à plus de 2 milliards et demi de francs (en valeur de 1914).
- 6.761 kilomètres de routes, chaussées et chemin sont détruits, dont 415 kilomètres de routes nationales, 2.645 kilomètres de chemins de grande communication et 3.701 kilomètres de chemins communaux.
- 306 ouvrages d’art sont détruits.
- 230 kilomètres de voies ferrées sont détruits.
- Sur les quelques 500 kilomètres de voies ferrées à écartement réduit posées par les armées pendant la guerre, 300 kilomètres doivent être démontés et 200 kilomètres sont toujours utilisés au profit des travaux de reconstruction.
- Le canal de la Somme est particulièrement touché par les destructions :
- 19 ponts détruits
- 9 passerelles détruites et 4 endommagées
- 2 écluses détruites et 11 endommagées
- 10 maisons éclusières ou pontières détruites et 4 endommagées
- Le lit du canal est saturé de débris de toutes sortes (140.000 mètres-cubes doivent être dragués)
- 1.692 hectares d’étangs (avec leurs vannages) sont détruits
- 1.200 ateliers et usines sont totalement détruits.
- Sur les 34 sucreries que comptait le département de la Somme en 1914, 30 sont détruites.
- Sur les 27 râperies que comptait le département de la Somme en 1914, 19 sont détruites.
4 – La reconstruction
- 32.747 habitations provisoires ont été fournies en urgence aux sinistrés, dont 9.620 baraques Nissen à simple paroi.
- 5.000 baraquements agricoles provisoires ont été fournis aux agriculteurs sinistrés.
- Au 1er janvier 1928 : plus de 10.000 maisons sont encore à reconstruire dans le département, ainsi que 10.000 immeubles agricoles, 106 écoles et 81 églises.
- Les remembrements de l’après guerre :
- Au 1er avril 1924 : 60.150 hectares labourables ont été remembrés dans 90 communes, ce qui concerne 180.000 parcelles et 1.500 propriétaires.
- Au 9 avril 1927 : 93 communes ont été remembrées et 54 ont posé leur candidature pour un remembrement. entre 16 et 20.000 propriétaires sont concernés.
- 20 % des surfaces agricoles ne sont pas remembrables.
- Sur 200.000 civils qui ont quitté le département pendant la guerre, 165.000 sont revenus dans la Somme au 1er janvier 1923 et 10.000 n’y reviendront jamais.
- Travailleurs étrangers employés à la reconstruction du département :
- Au 1er avril 1922 : 7.482
- Au 1er janvier 1924 : 14.000
- Au 1er janvier 1925 : 10.400
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Les pertes par secteur du front
Voici un essai de bilan chiffré des pertes militaires françaises de la guerre de 1914-1918, classées par secteur du front (par ordre alphabétique). Nous y faisons figurer les différents chiffres donnés par des sources sérieuses, et notamment par des études menées par l’armée française entre 1919 et 1939. Bien entendu, ces données restent approximatives.
Ces chiffres tiennent compte des troupes métropolitaines, ainsi que des troupes d’Afrique, troupes coloniales et Légion Étrangère.
*****
- Alsace : 25.000 tués et disparus
- Argonne : 80.000 tués et disparus
- Artois / Picardie : 230.000 tués et disparus
- Champagne : 180.000 tués et disparus
- Flandres : 35.000 tués et disparus
- Frontières (de la bataille des frontières à la bataille de la Marne) : 80.000 tués et disparus
- Italie : 1.250 tués et disparus
- Lorraine : 35.000 tués et disparus
- Maroc : 7.348 tués et disparus
- en Mer : 3.602 tués et disparus
- Oise et Aisne (y compris Seconde Bataille de la Marne) : 230.000 tués et disparus
- Orient et Gallipoli : 34.000 tués et disparus
- Palestine : 615 tués et disparus
- Somme : 180.000 tués et disparus
- Togo – Cameroun : 1.041 tués et disparus
- Verdun : 190.000 tués et disparus
- Yser : 50.000 tués et disparus
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Les pertes russes
Voici un essai de bilan chiffré des pertes russes de la guerre de 1914-1918, puis de la guerre civile (1918-1922). Nous y faisons figurer les chiffres donnés par des sources sérieuses. Les différentes hypothèses sont mentionnées les unes sous les autres, par ordre croissant, dans les cases correspondantes. Bien entendu, les totaux varient en fonction des fourchettes proposées. Ceux qui sont indiqués ici sont issus de notre bibliographie, et non le résultat du calcul des lignes et colonnes. Nous les livrons donc à titre indicatif, en nous gardant bien de trancher entre les différentes estimations.
1 – Pertes de la guerre civile (1918-1922)
Nota : Les chiffres des pertes de la guerre civile russe ne sont jamais ajoutés à ceux du bilan général de la Grande Guerre. Pourtant, si l’on considère cette guerre des Rouges contre les Blancs comme une conséquence directe de la guerre mondiale et (ou) comme l’un de ses prolongements, on peut obtenir des chiffres dont l’ampleur effrayante rend compte de l’immense saignée laissée dans la population européenne par la décennie 1914-1924.
Malheureusement, en l’absence de sources fiables, la plupart des chiffres concernant cette période sont des estimations. Toutefois, l’ouverture des archives russes et soviétiques, comme les récents débats d’historiens sur la question ont permis de les affiner. Même si elles conservent une marge d’erreur ou, tout au moins d’inexactitude, elles peuvent donc être aujourd’hui considérées comme des ordres d’idées fiables et des bases de travail valides.
| Morts au combat | Morts en camp de prisonniers | Exécutions sommaires | Morts de maladie | Morts de famine | Total des morts (causes diverses) | |
| Armées Blanches | 500.000 | |||||
| Armée Rouge | 700.000 | |||||
| Civils | De 12.000 à 140.000 | 3.000.000 (1) | De 5.800.000 à 8.800.000 | |||
| Totaux, toutes origines confondues |
(1) Ce chiffre concerne la seule année 1921. Ce n’est qu’une estimation, mais elle est très vraisemblable.
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Les internationaux de rugby
morts au champ d’honneur (1914-1918)
1 – Les internationaux de divers pays
Le tableau ci-après dresse un bilan chiffré des membres d’équipes nationales de rugby morts au champ d’honneur entre 1914 et 1918. A titre de comparaison, la colonne de droite donne le même chiffre pour la seconde guerre mondiale.
| Nation | Internationaux de rugby tués entre 1914 et 1918 | Internationaux de rugby tués entre 1939 et 1945 |
| Afrique du Sud | 4 | 0 |
| Allemagne | 0 | 16 |
| Angleterre | 27 | 14 |
| Australie | 9 | 10 |
| Écosse | 30 | 15 |
| France | 24 | 8 |
| Irlande | 9 | 7 |
| Nouvelle Zélande | 12 | 2 |
| Pays de Galles | 11 | 3 |
2 – Les internationaux français
Le tableau ci-dessous dresse la liste des 24 joueurs de rugby, anciens membres de l’équipe de France, morts au combat pendant la Grande Guerre. Pour chacun, nous avons indiqué le club d’appartenance, le nombre de sélections, la date de la première sélection en équipe de France, l’unité dans laquelle il servait, ainsi que la date et le lieu du décès. Faute de documentation précise, certaines cases sont vides. Si vous disposez des renseignements correspondants, merci de nous les communiquer !
Abréviations :
- B.E.C. : Bordeaux Étudiant Club (Bordeaux)
- C.A.P. : Club Athlétique de Périgueux (Périgueux)
- R.C.F. : Racing Club de France (Paris)
- S.B.U.C. : Stade Bordelais Université Club (Bordeaux)
- S.C.U.F. : Sporting Club Universitaire de France (Paris)
- S.F. : Stade Français (Paris)
| Nom | Club | Nombre de sélections | Première cap | Unité | Date et lieu du décès |
| Andiran José | S.C.U.F. | 1 | 1910 | . | . |
| Boudreaux R. | S.C.U.F. | 2 | 1910 | . | . |
| Boyau Maurice | S.B.U.C. | 6 | 1912 | Train des équipages Aviation |
16 septembre 1918 |
| Burgun Marcel | R.C.F. | 11 | 1909 | Aviation | 1915 |
| Chateau Albert | Aviron Bayonnais | . | . | . | . |
| Conhil de Beyssac Jacques | S.B.U.C. | 5 | 1912 | . | 11 juin 1918 |
| Descamps Paul | R.C.F. | 1 | 1911 | . | . |
| Dufau Julien | Biarritz | 4 | 1912 | . | . |
| Dupré Paul | R.C.F. | 1 | 1909 | . | . |
| Eutrope A. | 1 | 1913 | . | . | |
| Faure Félix | Stade Tarbais | 3 | 1914 | . | . |
| Giaccardi Marc | S.B.U.C. | 1 | 1907 | . | . |
| Guillemin Pierre | R.C.F. | 11 | 1908 | . | . |
| Hedembaigt Maurice | Aviron Bayonnais | 3 | 1913 | . | . |
| Iguinitz Emmanuel | Aviron Bayonnais | 1 | 1914 | . | . |
| Ihingoué D. | B.E.C. | 2 | 1912 | . | . |
| Isaac Henri | R.C.F. | 2 | 1917 | . | . |
| Lacassagne André | S.B.U.C. | 2 | 1906 | . | . |
| Lane Gaston | R.C.F. | 16 | 1906 | . | 24 septembre 1914 Lérouville |
| Larribeau Léon | C.A.P. | 7 | 1912 | . | 13 décembre 1916 Verdun, côte du Poivre |
| Legrain Marcel | S.F. | 13 | 1909 | . | . |
| Maysonnié Alfred | Stade Toulousain | 3 | 1908 | . | 1916 Verdun |
| Poeydebasque François | Aviron Bayonnais | 2 | 1914 | 249e R.I. | 21 septembre 1914 Craonnelle |
| Vervier Théo | R.C.F. | 6 | 1906 | . | . |
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Répartition des pertes
Voici des essais de classement des pertes de la Grande Guerre en fonction de différents critères. Nous y faisons figurer différents chiffres donnés par des sources sérieuses. Nous les livrons donc à titre indicatif, en nous gardant bien de trancher entre les différentes estimations.
- Origines socio-professionnelles – Officiers supérieurs – Classes de mobilisation -
1 – Répartition des pertes françaises par origine socio-professionnelle des combattants
- Source : Michel (Edmond), Les Dommages de Guerre de la France et leur Réparation, Berger-Levrault, Paris, 1932 -
| Catégorie socio-professionnelle | Population en 1914 | Morts | Disparus | Mutilés | Pertes totales, en % de la population concernée |
| Agriculteurs | 5.608.971 | 397.455 | 140.533 | 161.222 | 12,46 % |
| Commerçants | 1.327.156 | 90.861 | 32.128 | 36.988 | 12,05 % |
| Métiers de l’alimentation | 400.375 | 54.446 | 19.251 | 22.083 | 23,92 % |
| Industrie | 2.800.652 | 155.918 | 55.130 | 63.296 | 9,80 % |
| Travaux publics / bâtiment | 915.686 | 96.613 | 34.160 | 37.974 | 18,43 % |
| Transports | 665.029 | 35.122 | 12.419 | 13.431 | 9,17 % |
| Professions libérales | 235.320 | 23.092 | 8.165 | 9.166 | 17,18 % |
| Domestiques | 178.658 | 40.460 | 14.036 | 15.940 | 39,58 % |
| Fonctionnaires | 582.825 | 12.135 | 4.291 | 5.060 | 3,69 % |
| Sans profession (1) | 291.661 | 5.061 | 1.789 | 2.643 | 3,25 % |
| Ecclésiastiques | 63.545 | 1.438 | 508 | 766 | 4,27 % |
| Divers (2) | 5.957.193 | 44.940 | 14.995 | 20.255 | 1,35 % |
(1) Nota : La catégorie « sans profession » rassemble les propriétaires, les rentiers et les retraités.
(2) Nota : La catégorie « divers » rassemble les élèves en École Normale, les enfants et les soldats n’ayant pas déclaré de profession déterminée.
2 – Répartition des pertes chez les officiers supérieurs ou généraux français :
3 – Répartition des pertes par classe de mobilisation :
| Classe | Effectif | Morts | % |
| Classe 1912 | 279.000 | 77.200 | 27,6 % |
| Classe 1914 | 292.000 | 65.200 | 22,32 % |
| Classe 1915 | 279.000 | 77.700 | 27,8 % |
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Les effectifs et les pertes du corps expéditionnaire portugais en France
Voici un essai de bilan chiffré des effectifs des troupes portugaises embarquées pour la France et des pertes militaires subies. Nous y faisons figurer les chiffres donnés par des sources sérieuses (notamment des études réalisées par le service statistique et de l’état-civil du Corps Expéditionnaire Portugais et du Corps d’Artillerie Portugais Indépendant). Lorsque plusieurs hypothèses existent, nous les mentionnons les unes sous les autres, en laissant à chacun le soin de juger de leur vraisemblance.
1 – Les effectifs embarqués pour la France :
| Effectifs du C.E.P. | |
| Officiers | 3.374 3.376 |
| Sergents, caporaux et soldats | 51.709 51.789 |
| Total : | 55.165 |
| Effectifs du C.A.P.I. | |
| Officiers | 70 |
| Sergents, caporaux et soldats | 1.258 |
| Total : | 1.328 |
2 – Les pertes subies en France :
a – Les morts
| Morts | Au combat | Gazés | Par accident | Par maladie | Pour cause inconnue | Total |
| Officiers | 43 | 2 | 8 | 26 | - | 74 79 |
| S/officiers et soldats | 1.269 | 68 | 116 | 508 | 56 | 2.012 2.017 |
| Total général | 2.096 5.000 7.000 7.222 8.000 8.367 9.000 |
b – Les blessés
| Officiers blessés | 256 |
| Sous-officiers et soldats blessés | 4.968 |
| Total des blessés : | 5.224 13.751 14.000 |
c – Les prisonniers
| Officiers prisonniers | 270 |
| Sous-officiers et soldats prisonniers | 6.408 6.678 |
| Total des prisonniers : | 6.948 12.000 12.318 |
d – Les effectifs « hors services » (« Incapazes do serviço »)
| Officiers | 439 |
| Sous-officiers et soldats | 6.840 |
| Total des hommes déclarés « hors services » : | 7.279 |
3 – Récapitulatif général des pertes
| Morts | 2.096 |
| Blessés | 5.224 |
| Prisonniers | 6.948 |
| « Hors services » | 7.279 |
| Total des pertes : | 21.547 32.291 33.000 |
| Rappel des effectifs | 56.493 |
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Les ravages de la guerre dans le département de l’Oise
Les chiffres ci-dessous sont extraits de rapports du préfet de l’Oise au conseil général.
1 – La terre
- 162.781 hectares de terre doivent être nettoyés et reconstitués, en vue de leur ré-utilisation par l’agriculture ou l’industrie. Cela représente 1/3 de la surface totale du département.
- 160.173 hectares de terre sont saturés d’obus et doivent être purgés des projectiles qu’ils contiennent.
- 11.421.732 mètres-carrés de fils de fer barbelés doivent être récoltés et détruits, ce qui représente 6.700 tonnes de métal. Sur ce total, 6.000 tonnes sont vendues à un ferrailleur parisien.
- 9.864.968 mètres-cubes de tranchées doivent être comblés. Au 1er mars 1919, les travaux entrepris ont déjà permis d’en combler près d’un million de mètres-cubes, ce qui représente un millier de kilomètres de tranchées…
2 – Les bâtiments
- 263 communes du département ont subi des destructions, à divers degrés.
- 102 communes sont intégralement détruites.
- 10.086 maisons sont totalement détruites. 9.732 maisons sont en partie détruites.
- 62 écoles sont totalement détruites. 86 sont gravement endommagées.
- 40 mairies sont totalement détruites. 63 sont gravement endommagées.
- 64 églises sont totalement détruites. 82 sont gravement endommagées.
- 25 édifices publics divers sont totalement détruits. 36 sont gravement endommagés.
- 32 usines sont totalement détruites. 46 sont gravement endommagées.
- 83 ponts sont détruits.
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Les Luxembourgeois dans la Grande Guerre :
effectifs et pertes
Les informations sur les soldats d’origine luxembourgeoise ayant participé à la Grande Guerre sont fragmentaires, peu précises et parfois contradictoire. En voici quelques-unes, provenant de sources sérieuses (notes de l’état-major français notamment). Nous nous efforcerons de le compléter, voire de les corriger.
1 – Luxembourgeois engagés dans les armées alliées
- Dans la Légion Étrangère française : 836 (dont 624 ont fait campagne)
- Dans l’armée américaine : 69
- Dans l’armée belge : 42
- Dans l’armée française (hors Légion Étrangère) : 16
- Dans l’armée britannique : 3
- Dans l’armée italienne : 1
- Dans l’armée canadienne : 1
Total : 948
2 – Pertes
- Ces chiffres semblent ne concerner que les Luxembourgeois s’étant engagés dans la Légion Étrangère.
- Tués sur le front français : 189
- Tués sur le front d’Orient : 9
- Tués au Maroc : 2
- Tué au Tonkin : 1
Total : 201
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Les généraux français morts au combat
Contrairement à une légende tenace (colportée notamment par des films comme Les Sentiers de la Gloire), tous les généraux français n’ont pas passé la guerre dans de superbe châteaux, à déguster du champagne pendant que leurs hommes souffraient dans les tranchées. Au contraire ; ils ont été nombreux à prendre des risques et à connaître de près le combat… 41 d’entre eux ont été tués pendant le conflit.
En voici la liste :
- AIME, Ernest, Jean
- ANSELIN, Ernest, François, Amédée
- ARRIVET, Paul, Blaise, Marcel
- BARBADE, Ernest, Auguste
- BATAILLE, Marie, Désiré, Pierre
- BATTESTI, Jules, Auguste
- BARBOT, Ernest, Jacques
- BRIDOUX, Marie, Joseph, Eugène
- CAUDRELIER, Paul, Constant
- CHALLE, Émile, Paul
- COLIN, Jean, Lambert, Alphonse
- DEFFONTAINES, Achille, Pierre
- DELARUE, Louis, Gabriel, Alexandre
- DIOU, Paul, Émile
- DUPUIS, Gaston
- DURAND, Georges, Jacques
- GANEVAL
- GIRODON, Pierre
- GRAND d’ESNON, Charles, Antoine
- GUIGNABAUDET, Pierre, Aimable
- KREIN, Athanase
- LARGEAU, Victor, Emmanuel, Etienne
- LOYZEAU de GRANDMAISON, François, Jules, Louis
- LIZE, Lucien, Marie, Zacharie
- MARCOT, Louis, François
- MARQUET, Georges
- MOUSSY, Jean-Baptiste, Albert
- MASNOU, Joseph, Georges, Antoine
- PLESSIER, Louis, Victor
- RAFFENEL, Léon, Amédée, François (voir sa biographie)
- REYMOND, Jérôme, Édouard, Auguste
- RONDONY, Charles
- ROQUES, Charles, Auguste, Henri
- ROUSSEAU, Jean, Louis, Théodore, Lucien
- RIBERPRAY, Georges
- SIBILLE, Charles, Antoine
- STIRN, Jean, Paul, Ernest
- SERRET, Marcel
- TRUMELET-FABER, Gaston
- des VALLIERES, Pierre
- VANVATERMEULEN, Henri
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Pertes globales
Voici un essai de bilan chiffré des pertes militaires de la guerre de 1914-1918. Nous y faisons figurer les différents chiffres donnés par des sources sérieuses. Certains écarts d’estimations sont surprenants (voir notamment les chiffres des pertes américaines, serbes ou belges…) ! Ils sont en principe la conséquence des méthodes de calcul (assimilation ou non des disparus dans la colonne des morts), mais également des éventuelles erreurs ou approximations commises par les responsables du comptage.
Les hypothèses différentes sont mentionnées les unes sous les autres, par ordre croissant, dans les cases correspondantes. Bien entendu, les totaux varient en fonction des fourchettes proposées. Ceux qui sont indiqués ici sont issus de notre bibliographie, et non le résultat du calcul des lignes et colonnes. Nous les livrons donc à titre indicatif, en nous gardant bien de trancher entre les différentes estimations.
- Pertes des Alliés – Pertes de la Triplice – Grand total - Bibliographie -
| Nations alliées | Hommes mobilisés | Morts | Blessés | Prisonniers et disparus | Total des pertes |
| Belgique (voir le détail) |
267.000 380.000 |
13.716 38.172 41.000 41.300 44.000 50.000 51.000 53.035 |
44.686 45.000 |
34.659 35.000 |
93.061 94.000 |
| Royaume-Uni et Empire Britannique (voir le détail) |
7.675.000 8.660.000 8.900.000 8.904.467 |
760.000 776.000 800.000 835.000 869.000 908.371 943.000 984.629 1.000.000 1.010.000 |
2.048.520 2.050.000 2.090.212 |
191.652 192.000 |
3.190.235 3.242.000 |
| États-Unis (voir le détail) |
3.600.000 3.800.000 4.355.000 |
48.909 60.000 70.000 77.644 114.000 115.660 120.000 125.000 126.000 |
205.690 234.000 234.300 237.135 |
4.500 | 350.300 363.500 |
| France et Empire | 8.317.000 8.410.000 |
1.325.000 1.357.000 1.370.000 1.383.000 1.391.000 1.393.000 1.394.388 1.400.000 1.457.000 |
1.986.000 2.800.000 4.266.000 |
490.000 537.000 |
6.160.000 |
| Grèce | 200.000 230.000 |
5.000 12.000 |
21.000 | 1.000 | 27.000 |
| Italie | 5.615.000 | 460.000 494.000 496.291 500.000 512.000 530.000 533.000 600.000 650.000 750.000 |
947.000 949.576 |
600.000 630.000 |
2.177.000 2.197.000 |
| Japon | 800.000 | 300 1.000 |
900 907 |
3 | 1.203 1.210 |
| Luxembourg (voir le détail) |
948 (soldats engagés dans les armées alliées) |
201 | - | - | - |
| Monténégro | 50.000 | 3.000 | 10.000 | 7.000 | 20.000 |
| Portugal (voir le détail) |
56.493 (effectifs expédiés en France) 60.000 100.000 |
2.096 5.000 7.000 7.222 8.000 8.367 9.000 |
5.224 13.751 14.000 |
6.948 12.000 12.318 |
21.547 32.291 33.000 |
| Roumanie | 750.000 1.000.000 |
158.000 242.000 250.000 300.000 335.706 336.000 |
120.000 | 80.000 83.000 |
535.706 539.000 |
| Russie | 12.000.000 15.000.000 |
1.450.000 1.700.000 1.708.000 2.000.000 2.500.000 |
3.500.000 4.950.000 |
2.500.000 | 9.150.000 9.158.000 |
| Serbie | 700.000 707.343 |
45.000 323.000 331.106 369.818 370.000 380.000 |
133.000 133.148 |
152.958 153.000 |
331.000 331.106 |
| Total des Alliés | 42.177.000 42.188.810 |
5.152.115 5.200.300 |
12.798.900 12.831.004 |
4.121.000 4.155.003 |
22.089.709 22.153.003 |
| GRAND TOTAL | 65.027.000 65.038.810 |
8.538.315 8.613.000 |
20.000.000 21.186.000 21.219.452 |
7.750.919 7.782.000 |
37.494.186 37.581.000 |
Quelques références bibliographiques sur le sujet :
Une grande partie des chiffres figurant dans les tableaux ci-dessus provient de ces ouvrages. Les autres sont extraits de divers travaux d’historiens.
- Données Statistiques relatives à la Guerre 1914-1918, Imprimerie Nationale, Paris, 1922.
- Statistics of the Military Effort of the British Empire during the Great War, 1914-1920, The War Office, His Majesty’s Stationery Office, 1922.
- « Le Bilan de la Guerre », in Journal des Mutilés et Combattants, 12 novembre 1933.
- Jeannest (médecin commandant), Les Pertes Allemandes pendant la Guerre 1914-1918, d’après la Statistique de Guerre allemande, Lavauzelle, Paris, 1935.
- des Lyons de Feuchin, Rapport sur le Bilan des Pertes en Morts et en Blessés des Nations Belligérantes, Journal Officiel, Documents Parlementaires, Annexe n° 335, 1924.
- Marin (Louis), Rapport sur le Bilan des Pertes en Morts et en Blessés des Nations belligérantes, Journal Officiel, Documents Parlementaires, Annexe n° 633, 1920. Ce rapport est incomplet. Établi en 1919, il ne tient pas compte des pertes identifiées au delà de cette date. Pourtant, ce sont ses chiffres que l’on retrouve dans de nombreuses études historiques, même de nos jours…
- Michel (Edmond), Les Dommages de Guerre de la France et leur Réparation, Berger-Levrault, Paris, 1932.
- Toubert (médecin inspecteur-général), Étude Statistique des Pertes subies par les Français pendant la Guerre 1914-1918, Lavauzelle, Paris, 1920.
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