Notice sommaire sur les Alsaciens-Lorrains
dans la première guerre mondiale
1 – Dans l’armée allemande
De 1914 à 1918, quelques 380.000 Alsaciens et Mosellans furent incorporés dans l’armée allemande. Ils appartenaient à toutes les classes servant alors sous les drapeaux, jusqu’à la classe 1920 incluse.
Beaucoup d’entre eux ont servi sur le front de l’Est, en Russie et Biélorussie notamment. Jusqu’en janvier 1916, ils sont pourtant majoritairement engagés sur le front français. A partir de cette date, du fait de la méfiance du commandement allemand, ils sont retirés et envoyés à l’est.
Néanmoins, les dernières offensives de l’année 1918 verront les Alsaciens-Mosellans combattre de nouveau en nombre en France, notamment en Picardie.
La méfiance du commandement allemand à leur égard venait en particulier de l’idée selon laquelle ils étaient plus enclin à déserter que les autres sujets de l’Empire. Effectivement, en août 1914, dans la vallée de la Bruche, tout une unité composée d’Alsaciens-Lorrains passe, sans combattre et avec armes et bagages, du côté français.
En 1918, leur retour sur le front français s’accompagne d’une recrudescence des désertions. Pierre Drémont a bien montré leur fréquence sur le front de Château-Thierry (voir son livre). En Champagne, le 14 juillet 1918, quelques heures avant l’ultime offensive allemande, ce sont des déserteurs Alsaciens qui informent le commandement français (4e Armée, général Gouraud) de l’imminence d’une attaque allemande. Pour l’anecdote, ces hommes avaient été capturés par un certain Joseph Darnand, du 366e R.I., qui laissera son nom dans l’Histoire quelques décennies plus tard.
2 – Dans l’armée française
En 1914, environ 3.000 Alsaciens servent dans l’armée Française. Ce chiffre grossit durant la guerre, notamment du fait des désertions. Néanmoins, le commandement français se méfiant d’eux lui aussi, bien peu furent envoyés sur le front en France. Beaucoup furent « mis au chaud », c’est à dire envoyés au Maroc, où il menèrent une campagne tout aussi dure que dans les tranchées française, quoique moins célèbre.
Après la guerre, les Alsaciens et Mosellans démobilisés par l’armée allemande ont été incorporés dans l’armée française si leur classe le permettait. Dans ce cas, leurs nouveaux papiers militaires mentionnaient l’année du recrutement, mais se gardaient bien de préciser qu’il avait eu lieu dans l’armée allemande…
© Anovi
