Armistice Brest-Litovsk 1917

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Les plénipotentiaires russes et allemands de l’armistice de Brest-Litovsk (décembre 1917)

par Eric Labayle

 

 

Dès leur arrivée au pouvoir en Russie, en novembre 1917, les Bolcheviks prennent des mesures d’urgence. Parmi celles-ci figure l’arrêt de la guerre contre les Empires centraux. Ce faisant, Lénine sait qu’il viole l’engagement pris par le Tzar en 1914, puis renouvelé par le gouvernement provisoire après février 1917, de respecter le jeu des alliances et de poursuivre la lutte aux côtés des Alliés. Toutefois, il a pris la mesure de l’impopularité du conflit auprès de la population russe. Non seulement celle-ci ne comprend ni les raisons de cette guerre, ni les buts visés par le gouvernement, mais elle souffre aussi de la profonde désorganisation du pays, dont le tissus économique ne permet plus d’assurer l’approvisionnement alimentaire des grandes villes ; enfin, le manque de succès des armées russes influe beaucoup sur le défaitisme ambiant.
De leur côté, Allemagne et Autriche-Hongrie montrent d’autant plus d’empressement à accepter la proposition russe de se retirer de la guerre qu’elles sont étranglées par le blocus allié, contre lequel la déclaration de guerre sous-marine à outrance (janvier 1917) n’a pas permis d’apporter de solution. En mettant un terme aux opérations sur le front oriental, les Empires centraux comptent alléger leur fardeau, sortir de leur encerclement stratégique et diriger vers la France et la Belgique les troupes devenues inutiles contre la Russie. Ainsi, l’armée allemande peut espérer rompre à son profit, pour la première fois, l’équilibre qui existe entre les belligérants. Mais pour avoir une chance de vaincre, il lui faut régler au plus vite la question russe, puis transférer ses armées vers l’ouest dans les plus brefs délais, c’est-à-dire avant que l’armée américaine ne soit en pleine possession de ses moyens et en mesure de peser sur les opérations (elle le sera à compter de l’automne 1918).

Tels sont les enjeux de l’armistice signé entre la Russie bolchévique et ses deux adversaires germaniques, à Brest-Litovsk, le 17 décembre 1917. Le traité de paix sera signé le 3 mars 1918, toujours à Brest-Litovsk. Il met la Russie bolchévique au ban des nations et permet à l’Allemagne de concentrer toutes ses forces sur le front occidental, où elle espère obtenir rapidement une victoire décisive. Dès le 21 mars, ses armées (renforcées par des troupes venues de l’Est) passent à l’attaque et font voler en éclat le front britannique, entre Arras et Saint-Quentin…

Cette photo nous présente les délégations qui ont participé aux négociations de l’armistice de décembre 1917. On reconnaît les personnages suivants, numérotés :

1 - Kamenev
2 - Joffé, président de la délégation russe
3 - A. Biacenko (membre de la délégation russe et seule femme à participer aux pourparlers)
4 - Contre-amiral (russe) Altvater
5 - Capitaine d’état-major (russe) Lipsky
6 - Karachan (secrétaire de la délégation russe)
7 - Lieutenant-colonel (russe) Fokke
8 - Zeki Pacha, ministre plénipotentiaire turc
9 - Von Merey, ambassadeur d’Autriche-Hongrie
10 - Prince Léopold de Bavière
11 - Général (allemand) Hoffmann, chef d’état-major de la délégation allemande, dont les Russes ont relevé le comportement arrogant
12 - Colonel Gantchew, ministre plénipotentiaire bulgare
13 - Capitaine de vaisseau (allemand) Horn
14 - Capitaine (allemand) Rey
15 - Major (allemand) Brinckmann
16 – Major (allemand) von Kameke
17 - Capitaine (allemand) Von Rosenberg
18 - Major (allemand) Wilhelm Von Mirbach (qui sera assassiné à Moscou le 6 juillet 1918, alors qu’il était ambassadeur d’Allemagne auprès de la République socialiste de Russie)
19 - Dolive-Dobrovolsky, officier d’état-major attaché à la délégation russe

 

© Anovi

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